
La Fédération de l'aluminium (ALFED) a officiellement soumis une réponse détaillée à la consultation du gouvernement britannique sur le programme britannique de compétitivité industrielle (BICS). Cette réponse a été élaborée à la suite de discussions approfondies avec l'ensemble des acteurs de la filière aluminium – producteurs, recycleurs, transformateurs et fabricants – lors d'une table ronde spéciale organisée conjointement avec Leyton.
Le programme BICS vise à réduire les coûts de la politique énergétique pour les industries énergivores. Cependant, les membres d'ALFED ont souligné que la proposition actuelle ne tient pas compte de la structure unique de la chaîne de valeur et des caractéristiques de consommation énergétique du secteur de l'aluminium. La contribution de la fédération met en lumière ces inadéquations et appelle à des révisions majeures du programme afin de garantir un soutien équitable et efficace.
L'une des principales revendications des membres est l'élargissement des critères d'éligibilité au BICS. De nombreuses entreprises de transformation de l'aluminium en aval, telles que celles qui effectuent des opérations de polissage, d'anodisation, de revêtement, de découpe, de pliage, de forgeage et de fonderie, sont très énergivores mais ne relèvent pas des codes SIC et SH spécifiés dans la proposition du gouvernement. L'ALFED a souligné que ces procédés intermédiaires sont essentiels à la fabrication de l'aluminium et doivent être inclus pour que le BICS reflète la réalité du secteur.
Les recycleurs et les transformateurs de déchets sont également apparus comme un point central des discussions. Les acteurs du secteur ont averti que leur exclusion nuirait aux efforts du Royaume-Uni en matière de rétention des déchets d'aluminium et compromettrait les objectifs nationaux d'économie circulaire, la préparation, le tri et le traitement des déchets étant des opérations énergivores et essentielles à la circularité. ALFED a donc demandé que les recycleurs soient explicitement inclus dans la liste des entités éligibles au programme.
Les membres ont également exprimé de vives inquiétudes quant au test d'intensité énergétique proposé pour l'éligibilité au programme BICS. Ils ont souligné que le dispositif actuel des industries à forte intensité énergétique (EII) présente depuis longtemps des lacunes : le coût élevé des matières premières fausse les ratios d'intensité énergétique, disqualifiant ainsi de nombreuses opérations réellement énergivores. L'ALFED a recommandé de retirer le coût des matières premières de la formule de calcul et de revoir les seuils d'intensité afin d'éviter de reproduire les effets restrictifs du dispositif EII. Si le gouvernement persiste à utiliser la méthode de calcul EII pour le programme BICS, la fédération a insisté sur la nécessité d'abaisser les seuils ou de mener des consultations supplémentaires afin d'éviter l'exclusion injuste d'entreprises d'aluminium éligibles. Par ailleurs, les membres ont souligné l'importance de prendre en compte les sites de production utilisant des combustibles mixtes, notamment les fonderies d'aluminium, qui dépendent fortement du gaz en raison d'obstacles tels que les limitations d'accès au réseau et les coûts de raccordement élevés qui freinent l'électrification.
La date de mise en œuvre proposée pour avril 2027 du BICS a constitué un autre point majeur de désaccord. Face à la persistance de prix de l'électricité élevés, les acteurs du secteur ont unanimement estimé que ce calendrier était trop tardif et qu'une aide immédiate était nécessaire. L'ALFED a exhorté le gouvernement à accélérer le déploiement du programme et à envisager l'introduction de dispositions rétroactives limitées une fois les paramètres du BICS finalisés.
Nadine Bloxsome, directrice générale d'ALFED, a déclaré que le BICS pourrait constituer un outil de soutien révolutionnaire pour les fabricants énergivores, à condition d'être adapté à la complexité réelle du secteur de l'aluminium. Elle a réitéré les principales revendications de la fédération : des critères d'éligibilité élargis, des tests d'intensité énergétique plus précis, une mise en œuvre accélérée et un soutien complet pour l'ensemble de la chaîne de valeur (y compris les recycleurs et les fabricants de services). ALFED continuera de collaborer étroitement avec le ministère des Entreprises et du Commerce (DBT) afin de défendre les intérêts de l'industrie de l'aluminium tout au long du développement du BICS.
Enfin, ALFED encourage toutes les entreprises de la chaîne de valeur de l'aluminium à soumettre leurs réponses à la consultation BICS avant la date limite du 19 janvier 2026 et tiendra ses membres informés des progrès des négociations avec le gouvernement.